Carte blanche à Patrick Taberna

Copy of Wengen, Suisse, 2013Patrick Taberna regarde et nous montre sa famille, ses photographies sont intimes mais son écriture est légère, attentive et bienveillante. On ne reconnaît ni sa compagne, ni sa fille ni son fils qui sont pourtant toujours quelque part, suggérés ou présents, dans les images, récits de son histoire personnelle. « Ce que je veux, c’est plus suggérer que vraiment montrer ; j’aime bien  que mes images soient des petites graines semées dans la tête des gens et qu’elles s’épanouissent dans la tête de chacun « .
L’image par l’image  vous invite à rêver avec ces images pour aborder 2018 en douceur.

Patrick Taberna a répondu aux questions de l’image par l’image 

Quand et comment avez-vous commencé la photographie ?

J’ai commencé à m’intéresser à la photographie vers 14 ans.
Je vivais à Saint Jean de Luz et collectionnais des cartes postales. Je n’avais pas assez d’argent pour avoir un appareil photo mais j’ai quand même pu acheter le « Larousse Montel de la photographie ».
En 1981, j’ai eu un Canon AE-1 et prenais des photographies de ma copine, pour l’épater. Elle n’a pas été trop déçue des résultats car nous nous sommes mariés quelques années plus tard, ça m’a encouragé à continuer.
La photographie nous accompagne toujours, deux beaux enfants aussi.

Comment choisissez-vous vos thèmes photographiques ?
Je regarde autour de moi.
Mon travail est une sorte d’autobiographie dont les prises de vue sont réalisées en voyage, la plupart du temps. Ces 10 dernières années, durant lesquelles j’ai composé « L’arrière-saison », je suis passé par la « crise de la cinquantaine ». Une phase d’interrogation, de remise en question, qui s’est concrétisée par un retour au noir et blanc (mes jeunes années) et un changement de format.
En septembre 2016, qui marque la fin de cette période, je suis revenu en force au format carré et à la couleur.
Bref, ma vie et ma photographie sont fortement liées.

Qu’est ce qui vous anime ?
La certitude qu’il y a urgence car la vie, passe vite.
C’est un besoin de retenir, de préserver ce que le temps emporte.

Quelle vision avez -vous des marques aujourd’hui et de leurs relations avec la photographie ?
Pour une marque, une entreprise, l’image est primordiale pour exister sur le marché. Il faut qu’elle porte un univers immédiatement identifiable et qu’elle soit suffisamment forte pour se « démarquer » de la masse.
L’image est le lien entre une industrie et un être humain qui a besoin de rêver, d’assouvir un besoin de sécurité qui le pousse à appartenir à une communauté.

Répondez vous aussi  à des commandes, quelle est votre relation avec cette pratique ?
Cette année j’ai répondu à une commande sur l’initiative d’un ami, auteur et metteur en scène de Théâtre, Hugo Paviot. Ce projet, « Et crie moi…Demain !, » a été réalisé dans la ville de Vitry-sur-Seine, avec le soutien du Théâtre Jean-Villar, de la fondation SNCF et de la fondation d’entreprise La Poste.
J’ai réalisé une série assez différente de ce que je fais habituellement, de grands tirages noir et blanc, sur papier japon très léger avec personne dans les images, juste quelques phrases.
C’était intéressant car je suis sorti de ma zone de confort mais ça m’a valu quelques nuits blanches.

Votre actualité
J’ai exposé ma toute dernière série « L’arrière-saison » à la galerie Camera Obscura jusqu’au 30 décembre 2017.
En 2018, j’ai un projet d’exposition au Japon (Tokyo) à la galerie Tosei-Sha et une nouvelle représentation par la galerie Peter Fetterman (Santa Monica) aux Etats-Unis.

Patrick Taberna

Originaire de Saint Jean de Luz, Patrick Taberna commence à photographier lors de nombreux voyages en Europe, Asie, Moyen Orient, Etats-Unis, ‘l’usage du monde’, de Nicolas Bouvier, en poche.
Peu après son arrivée à Paris en 1987, il fréquente assidûment le Club des 30×40 animés par Jean Luc Lemaitre puis Francis Richard.
En 1997, il entreprend une exposition postale : ‘Passage en Ouest’. Parce qu’elles lui ont donné le goût du voyage et de la photographie, dix personnes recevront 37 photos chacune, à raison d’une par semaine. Cette aventure lui permettra notamment de correspondre avec Bernard Plossu et Robert Frank. Il rencontre d’ailleurs ce dernier en avril 1999.
Patrick Taberna est mention Fnac en 2000 avec ‘Nord magnétique’ , lauréat Fnac Paris en 2001 avec ‘Nos Italies’ et lauréat 2004 de la Fondation CCF devenue Prix HSBC pour la photographie avec ‘Au fil des jours’.

En savoir plus en écoutant l’interview de Patrick Taberna dans l’excellente émission Regardez voir sur France Inter, de Brigitte Patient le 20 novembre dernier :
Patrick Taberna : « Ce que je veux, c’est plus suggérer que vraiment montrer « 

www.patricktaberna.com
https://www.galeriecameraobscura.fr

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